François Rabelais

François Rabelais serait le fils d'Antoine Rabelais (décédé en 1535), avocat au siège de Chinon, sénéchal de Lerné.
Selon Bruneau de Tartifume (1574-1636), Rabelais aurait été novice, vers la fin de 1510, au monastère de Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers.
Il reçoit une formation de théologie.
Plus tard (sans doute au début de l'année 1520), Rabelais rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine vers le mois d'octobre 1520.
Il manifeste très tôt une curiosité humaniste ; Pierre Lamy l'initie aux études grecques et l'encourage à écrire à Guillaume Budé. Rabelais s'intéresse aux auteurs antiques et correspondra avec d'autres humanistes célèbres.
Avec Pierre Lamy, Rabelais fréquente l'hôtel du légiste fontenaisien André Tiraqueau où se réunissent de beaux esprits de la région ; il y rencontrera notamment Amaury Bouchard et Geoffroy d'Estissac, prieur et évêque de l'abbaye bénédictine de Maillezais.
En 1523, suite aux commentaires d'Érasme sur le texte grec des Évangiles, la Sorbonne tente d'empêcher l'étude du grec ; à la fin de cette année, les supérieurs de Rabelais et de Pierre Lamy confisquent leurs livres de grec. Bien que ses livres lui soient peu à peu restitués, Rabelais se résoud à changer d'ordre monastique. Soutenu par Geoffroy d'Estissac, qui l'accueillera dans son abbaye de Maillezais, Rabelais présente une requête au pape en ce sens, en la motivant par l'excessive austérité de la règle de Saint-François.
Devenu bénédictin, Rabelais s'attache à la personne de Geoffroy d'Estissac en qualité de secrétaire ; il l'accompagnera ainsi au cours des tournées d'inspection de ses terres et abbayes. Rabelais séjournera au prieuré de Ligugé, résidence habituelle de Geoffroy d'Estissac, où il se liera avec Jean Bouchet. Au monastère proche de Fontaine-le-Comte, il rencontre le noble abbé Antoine Ardillon.
Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prendra l'habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités.
D'abord à Paris, où il a pu commencer ses études de médecine. Il y aura également 2 enfants.
Le 17 septembre 1530, il s'inscrit à l'école de Médecine de Montpellier, où il donne des cours sur Hippocrate et Galien1. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant.
À Montpellier, Rabelais se lie d'amitié avec le médecin Guillaume Rondelet (1507-1566).
Au printemps 1532, Rabelais est installé à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône (Lyon). Il enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux de l'Antiquité. Ses relations Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l'évêque de Paris, Jean du Bellay ; celui-ci sera aussi le protecteur de Rabelais.
Rabelais publie en 1532 son Pantagruel sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais). Il écrit à Érasme.
Après le succès de son premier livre, Rabelais publie Gargantua en 1534, sous le même pseudonyme, utile précaution puisque tous ses livres seront ensuite condamnés par la Sorbonne.
Il accompagne Jean du Bellay à Rome, celui-ci étant chargé d'une mission spéciale auprès du pape Clément VII.
Après l'affaire des Placards (1534), Jean du Bellay, nommé cardinal, l'emmène de nouveau à Rome. Le pape Clément VII absoudra Rabelais des crimes d'apostasie et d'irrégularité.
D'août 1535 à mai 1536, Rabelais séjournera encore à Rome en tant qu'agent de Geoffroy d'Estissac. Le 17 janvier 1536, un bref de Paul III autorise Rabelais à regagner un monastère bénédictin de son choix et à exercer la médecine sans pratiquer d'opérations chirurgicales. Le cardinal du Bellay, abbé du monastère bénédictin de Saint-Maur-des-Fossés, avait offert de le recevoir dans ce monastère. Or, ce couvent de religieux était devenu une église collégiale de chanoines, juste avant que Rabelais n'y fût reçu. Une nouvelle demande au pape permit à Rabelais de régler ce problème de dates, et de retrouver ainsi sa liberté en toute légalité.
Fin 1539, Rabelais part pour Turin dans la suite de Guillaume du Bellay, frère du cardinal, seigneur de Langey et gouverneur du Piémont. En 1540, François et Junie, les enfants batards de frère Rabelais, sont légitimés par Paul III. Le 9 janvier 1543, Langey meurt à Saint-Saphorin, et Rabelais est chargé de ramener son corps au Mans, où il est inhumé le 5 mars 1543. Le 30 mai suivant, Geoffroy d'Estissac, le premier protecteur de Rabelais, décède à son tour.
Le 19 septembre 1545, Rabelais obtient un privilège royal pour l'impression du Tiers Livre ; édité en 1546, Rabelais le signe de son propre nom. En mars 1546, Rabelais se retire à Metz, ville de l'Empire, chez Étienne Laurens, et est nommé médecin de la ville de Metz.
En 1547, le roi Henri II succède à François Ier, et Jean du Bellay est maintenu au Conseil royal, et obtient la surintendance générale des affaires du royaume en Italie. Vers juillet 1547, Rabelais est revenu à Paris en tant que médecin du cardinal, qu'il accompagne dans ses voyages.
En 1548, onze chapitres du Quart Livre sont publiés ; la version intégrale paraîtra en 1552.
Le 6 août 1550, Rabelais obtient du roi un privilège d'édition pour toutes ses uvres, avec interdiction à quiconque de les imprimer ou de les modifier sans son consentement.
Le 18 janvier 1551, le cardinal du Bellay octroie à Rabelais les cures de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet.
Le 1er mars 1552, le Quart livre est censuré par les théologiens.
Le 7 janvier 1553, Rabelais résigne ses cures ; il meurt à Paris en avril 1553.
En 1562, l'Isle Sonnante, qui comprend 16 chapitres du Cinquième Livre est publiée. Le Cinquième Livre sera publié intégralement en 1564, et attribué à Rabelais ; attribution que de nombreux commentateurs constesteront.